Geoffrey Ménard

On a rencontré Geoffrey pour la première fois au Salon de l'Agriculture à Paris. Monté avec ses collègues de la petite pêche Varoise, il était passé par curiosité sur le stand Poiscaille. En 10 minutes il nous vantait déjà auprès des visiteurs du salon et 2h plus tard, à la fermeture, on discutait de noeuds de pêche autour d'un jus de fruit fermenté. La mayonnaise a tout de suite pris !

Plus jeune patron de pêche en France

Depuis son enfance, Geoffrey est passionné par la pêche et par la mer. Dès son adolescence il embarque sur les petits navires de Saint Raphaël et se forme une culture de pêche hallucinante. À bord il apprend les techniques dont les plus ancestrales, celles que plus personne ne pratique en 2021. Le plus drôle c'est que ce sont les pêcheurs expérimentés de 40 ou 50 ans qui vantent aujourd'hui la finesse de ses connaissances. 18 ans, c'est finalement l'âge record de Geoffrey quand il achète son premier bateau et s'installe en tant que patron de pêche à Saint-Raphaël, presque logique finalement !

À la recherche des monstres à écailles

À bord de son bateau, Geoffrey embarque 2 matelots. Entre le golfe de Saint Tropez et Saint Raphael, sa zone de pêche est l'une des plus compliquées de France. Le plateau continental y est très mince, les zones de fosse sont situées à quelques centaines de mètres de la côte à peine. Il faut donc s'aventurer dans des fonds abrupts et souvent de plus de 100m de profondeur, sur des zones peu connues des petits bateaux. À chaque sortie son lot de découvertes. C'est aussi pour l'aventure que Geoffrey met autant d'investissement, il rêve de sillonner toutes les mers du monde pour y découvrir les trésors qui s'y cachent.

Sur ces fonds, les filets et les nasses doivent être parfaitement calés pour espérer capturer du poisson sans casser de matériel. Rascasses, dorades roses, gros merlus ou langoustes, les espèces y sont presque mythiques tant elles sont rares sur les autres portions du littoral côtier.

Plus proche, la mince bande continentale permet également de capturer les poissons grégaires lorsqu'ils sont de passage en saison : mulets et daurades royales à l'automne, bonites ou maquereaux en été, des fréquences de capture trop maigres pour espérer y gagner sa croûte à l'année.

À fond la Poiscaille

Sur la côte d'Azur, il n'y a pas que pendant le festival de Canne que le beau monde se rend sur la côte. Les grosses villas et les hôtels particuliers témoignent du coût local de la vie. Sur les étals de vente directe, les pêcheurs bénéficient concrètement des prix les plus élevés de France, c'est même l'un des meilleurs exemples de valorisation connus. Pour Geoffrey cependant, il ne faut pas s'arrêter là, il souhaite que son poisson ne finisse pas seulement sur les tables les plus réputées de Méditerranée ou dans les poissonneries huppées. Il décide donc de distribuer une partie de son poisson dans les terres à des particuliers qu'il contacte à chaque retour de pêche. Mulets, saupes, oblades, liches, il essaye ainsi de valoriser les espèces moins prisées mais qui valent le coup de fourchette.

Le Casier de la mer frais de la pêche du jour chez Poiscaille, ça lui a donc tout de suite parlé. Malheureusement sur son port, les débarquements des pêcheurs sont très peu volumineux et souvent vendus en direct. Les transporteurs sont donc rarissimes, pas évident d'acheminer son poisson vers l'Île de France. C'est finalement grâce à Rabah, un collecteur indépendant dans un petit camion réfrigéré, que l'on peut enfin passer régulièrement ramasser la pêche lorsque les sorties sont fructueuses. On est fiers de pouvoir enfin intégrer officiellement Geoffrey dans le réseau !

Espèces : Rascasses, merlus, mulets, bonites, rougets, poissons à bouillabaisse