Ingrid et David Mercier

Pénéiculture extensive et Ostréiculture traditionnelle - Artouan

Des marennes et des crevettes

Ingrid et David sont installés depuis quelques années sur Marennes d'Oléron.
A Artouan exactement, sur un domaine d'une dizaine d'hectares comportant plusieurs claires. Ces fameux bassins creusés dans la terre dans laquelle l'eau saumâtre de la Seudre s'infiltre. Le plancton se développe dans ces eaux peu brassées et inondées de lumières. Il donne la fameuse couleur vert des Marennes d'Oléron.

Chaque printemps, Ingrid et David sèment des larves de crevettes impériales (Penaeus Japonicus), nées dans une écloserie à quelques kilomètres à peine.

Les crustacés grandissent très vite : dès le milieu de l'été les 20g sont dépassés, il est l'heure de commencer à les récolter.

La pêche se fait chaque nuit, quand les crevettes sortent de la vase pour se nourrir. A l'aide d'un filet, tiré à la main dans les claires pour les piéger.

Au 1er décembre, un peu plus tôt quand le froid arrive en avance, tout doit être capturé, les crevettes ne tiennent pas l'hiver.

Des gambas durables, enfin !

On mélange souvent les termes pour décrire les crevettes. Ici on parle de gambas, les grosses crevettes que l'on trouve partout. Crues ou cuites, c'est un des premiers produits consommés en France.
Malheureusuement elles proviennent en grande majorité de contrées tropicales lointaines dans lesquelles les conditions de production sont peu transparentes.
Alors quand on trouve une solution de proximité, avec un impact quasiment nul sur le milieu, on signe.

Pourquoi c'est sympa :

  • l'élevage est extensif : aucune nourriture, aucun apport dans le milieu, les larves se débrouillent.
  • l'espèce est éxotique mais ne peut colonniser le milieu : le froid hivernal tue les survivantes, à chaque saison on repart à zéro.
  • aucun traitement : livrées vivantes, les crevettes peuvent noircir une fois mortes. C'est un bon signe, si ce n'est pas le cas c'est qu'un coup de bisulfite a été passé dessus (sympa hein!).