Jean-Louis Fabres

Filet & casier, Arcachon

Né à dakkar où son père était marin pêcheur, Jean-Louis est tombé dans le grand bain de la pêche dès son adolescence. Avant de s'installer seul sur le Rapace, sa plate de moins de 10m (bateau sans cabine, comme les barges ostréicoles), il a beaucoup navigué sur de plus gros bateaux de pêche côtière et même au large. La pêche dans le bassin lui permet de couper sa journée en deux ou trois marées courtes et de profiter de sa vie à terre, un équilibre indispensable pour garder la passion dans son métier.

Les seiches, la spécialité du bassin

Sur son bateau, Jean-Louis est toujours accompagné de ses 3 chiens, véritables compagnons de pêche. Lorsqu'il sort capturer les seiches au casier entre février et fin avril, il reçoit également l'aide précieuse de sa compagne pour l'épauler à virer puis recaler chaque filière à l'eau.

Les seiches rentrent dans le bassin dès la fin de l'hiver pour se reproduire. C'est à ce moment que Jean-Louis cale des filières d'une douzaine de casiers rectangulaires. Les seiches y pénètrent pour pondre jusqu'au début du printemps. Il relève les casiers tous les deux jours pour en sortir les céphalopodes, majoritairement encore vivants sur le pont du bateau, quand il n'y a pas de congres pour les croquer. Gare au jet d'encre quand on les prend dans les mains, elles peuvent repeindre le visage.

Star du bassin dès la fin de l'hiver, la seiche est moins abondante depuis quelques saisons. Pourtant, avec des licences distribuées au compte goutte à mesure des départs en retraite, le nombre de pêcheurs professionnels n'a pas augmenté.
Jean-Louis a remarqué que la flore sous-marine : les algues et les plantes aquatiques, sont beaucoup moins abondantes, notamment avec l'augmentation du traffic sur l'eau et de la pollution. Cela pourrait avoir un impact négatif sur la fixation des oeufs de seiche et donc sur l'éclosion et la survie des petites larves. Chaque semaine, il suit avec attention les tendances de pêche avec l'espoir de retrouver les captures d'il y a quelques années.

Deux à trois métiers par jour

En dehors des casiers à seiche, Jean-Louis travaille toute l'année au filet trémail pour les poissons plats et droits pour le "brillant" : sars, dorades, bars ou mulets.

Le nombre de filets est très faible et souvent calé 30 minutes ou 1 heure maximum à l'étale de la marée. Le poisson est remonté vivant, presque sans trace de maille sur les écailles. Les gros coups à plus de 100kg sont rares, la plupart des marées permettent à Jean-Louis de capturer une quarantaine de kilos de poisson d'une qualité magnifique.

La valorisation, la clé pour la pêche à petite échelle

Quand on voit le soin dont Jean-Louis prend soin des seiches ou des poissons à bord on comprend vite pourquoi ils gardent une telle qualité 48h plus tard dans l'assiette. Ils sont tous rincés individuellement sur le bateau et vite rappatriés à quai les jours de beau temps pour leur éviter l'assèchement.

Malheureusement, quand il ne peut pas vendre son poisson à la sortie du bateau en vente directe, Jean-Louis est contraint de le proposer aux enchères de la criée. Ici, il est en concurrence avec le poisson pêché au large, noyé 10 heures sous l'eau avant d'être remonté à bord et parfois conservé deux à trois jours dans les cales du bateau avant la vente. Compliqué de tirer son épingle du jeu à la vente aux enchères s'il propose 30kg de bar à moins de 12h de la pêche quand ils sont dilués sous 1 tonne de bars pêchés au large.
Pour lui permettre de valoriser son poisson, on lui propose donc des prix plus élevés et stables toute l'année. Un vrai plus pour épauler Jean-Louis et les autres petits pêcheurs du bassin d'Arcachon comme pour les abonnés Poiscaille qui découvrent son poisson sous son meilleur jour.

Espèces : bar, mulet, dorade marbrée, dorade grise, sar, soles, seiche