Bruno Guedon et Jean Luc Bunet, pêcheurs à Dieppe

On croise pour la première fois Bruno par l'intermédiaire de Richard Mermin, pêcheur historique du réseau installé au Havre. Issu d'une famille de pêcheurs Dieppois, Bruno a déjà plusieurs dizaines d'années de métier dans les pattes. On le rencontre en mai 2022 alors qu'il se lance dans un ultime défi avec son matelot Jean Luc, reprendre un ligneur pour pêcher à petite échelle en valorisant le poisson. Une belle histoire de passion et d'amitié.

Un ligneur au pays du chalut

Avant de se mettre à la pêche à l'hameçon, Bruno a toujours travaillé à la drague à la coquille Saint-Jacques à Dieppe et en baie de Seine. C'est lorsque Richard propose son premier bateau de pêche de 7m à la vente, que Bruno saisit l'occasion de se réinstaller à la ligne à Dieppe. De son ancien nom "Mahi Mahi", il le repabtise "Ruby" et entreprend le projet de travailler toute l'année dessus. C'est à ce jour le seul ligneur au port de Dieppe. Chez Poiscaille, on soutient les yeux fermés !

Pour compléter l'équipe, son ancien matelot Jean Luc le suit dans le projet. Ensemble ils se connaissent parfaitement. Il faut dire qu'à deux sur un bateau de 7m, il en faut de la complicité pour ne pas se marcher sur les bottes, se mettre les hameçons dans les yeux et surtout pêcher suffisamment pour assurer le salaire de l'équipage.

Les trésors cachés des côtes de Haute Normandie

Si Bruno et Jean Luc n'ont jamais travaillé professionnellement à l'hameçon, ils ne plongent pas complètement dans l'inconnu. Les spots de la Seine Maritime, ils les connaissent comme leur poche, jusqu'à la moindre épave par 20 ou 30m de fond.

À partir d'avril et jusqu'à octobre, le bar occupe une bonne partie de leurs journées de pêche. Sur les épaves de bateau, nombreuses en Manche, ils filent de longues lignes de traine qu'ils font passer dans le courant. Il faut de la dextérité à la barre pour ne pas se louper en accrochant la coque de la carcasse et casser sa ligne. Sur les spots plus profonds, ils peuvent également trouver du lieu jaune mordeur mais plus rare dans ces eaux très agitées.

Le clou du spectacle a lieu en été. Sur les ridins de sable (hauts fonds battus par le courant), Bruno et Jean Luc capturent les grandes vives qui viennent se poster dès juin pour se nourrir de lançons. Très agressives, elles attaquent les leurres jusqu'à la surface de l'eau. Mais gare à la piqûre une fois à bord, le venin est particulièrement efficace. Il faut utiliser une pince pour les attraper et décrocher l'hameçon. Autour des vives, c'est le festin. Maquereaux, chinchards ou petites bonites, tout le monde vient se goberger des lançons. Immédiatement rincé et vidé à bord, le poisson est d'une qualité impressionnante.

Lorsque les vives et les poissons bleus repartent au large dés le début de l'automne, Bruno peut sortir les casiers à bouquets pour compléter les pêches de bars et de lieu jaune. Grâce à Bruno, vivre de la pêche à petite échelle en Seine Maritime est rendu possible, vivement le déclenchement d'autres vocations !

🐟 Espèces retrouvées le plus souvent chez Poiscaille : bar, maquereau, grande vive, bouquets
🎣 Techniques de pêche : Canne