Sylvain & Rémi Pagnon

On rencontre Sylvain (au milieu sur la photo) & Rémi (à gauche) grâce à Pierre Morera en 2019, juste avant l'épidémie du covid. Anciens collègues en mer aux Salins, les deux frères déplacent rapidement leur bateau à Caro, plus proche de leur fief d'Allauch au nord de Marseille

Des Vires Pagnon à l'équipage Pagnon

La famille Pagnon est très connue des pêcheuses et pêcheurs méditerranéens. Maurice, le grand-père de Sylvain & Rémi était spécialiste pour confectionner et réparer les Vire filets (treuil qui permet de remonter les filets à bord). Dès les années 70, le Vire "Pagnon" est équipé sur une très grosse partie des petits bateaux de la façade. Marc, leur père (à droite sur la photo), continue l'activité durant toute sa vie professionnelle, Sylvain & Rémi naissent tous deux avec un demi pied sur les bateaux de pêche.

En grandissant ils attrapent ce qu'on appelle "le virus" : la passion de la pêche qui rend complètement fada. Jeunes, Sylvain & Rémi pêchent la truite dans les Pyrénées, prêts à se dissimuler avec des branchages sur la tête s'il le faut. Lycéens, ils embarquent sur des navires pro dès qu'ils ont du temps libre. Après des études d'ingénieur, grâce à un crowfunding familial, Sylvain finit par acheter un bateau au port des Salins : le Cupidon. Le rêve peut commencer.

Le bateau le plus diplômé de France

De son côté Rémi se lance dans des études de bio. Diplômé d'un master d'écologie il en connait un rayon sur les écosystèmes marins. Pour compléter l'équipage à Caro, ils tombent sur Arnaud, qui vient de terminer une thèse scientifique de 3 ans. On sort la calculette : bac +12 à bord, plutôt original dans le milieu de la pêche. Grâce à leurs attaches familiales, les Pagnon peuvent compter sur beaucoup "d'anciens" pour les épauler lors des premières années, un besoin indispensable pour tout pêcheur qui s'installe.

Du beau poisson pour les locaux et les abonné.es Poiscaille

À Caro, Sylvain, Rémi & Arnaud pêchent à toutes les techniques. Dès le mois de mars et jusqu'à novembre, le thon rouge et l'espadon à la canne dans l'estuaire du Rhône, une zone particulièrement riche en petits poissons bleus qui alimentent les gros.

Tout le reste de l'année ils capturent le poisson au filet qu'ils déclinent selon les espèces. Sur les zones aux abords des fosses, ils cherchent les merlus (appelés merlans en Méditerranée), un poisson fragile qu'il faut remonter dès le matin après avoir calé le filet une nuit en pêche. Sur la côte et dans de petits fonds : les daurades royales lors des passages à l'automne ou les maquereaux au printemps.

Pour pouvoir vivre pleinement de leur métier, ils n'ont qu'un mot en tête : la qualité du poisson. Quitte à réduire la place de stockage de filets à bord pour installer des glacières. Par cette philosophie, ils limitent au maximum leur capacité de pêche pour garder une qualité optimale. Débarquée au petit matin, ils peuvent sortir leur portable pour annoncer la pêche à des dizaines de locaux. Conserver une part de vente au bateau, c'est crucial pour la vie du port et leur équilibre économique. Grâce aux bons prix stables qu'on leur propose, ils peuvent aussi compter sur Poiscaille pour écouler les plus gros volumes de pêche. Sensibles à la biodiversité, passionnés et privilégiant la qualité à la quantité, à bord du Cupidon Sylvain Rémi et Arnaud représentent le futur de la petite pêche en Méditerranée. On est fiers de participer à cette aventure à leurs côtés.

Espèces : Merlu, daurade royale, maquereau, thon rouge