Thomas Le Gall

Audierne, ligne & filet

On a entendu parler de Thomas pour la première fois dans l'excellent documentaire "Démailler" découvert en 2020.
Petit-fils de marin pêcheur à Audierne, bon camarade de notre couple de Ouessantins Ondine & Jean-Denis Lepape, reconverti du métier de juriste vers la petite pêche, on ne pouvait pas le laisser pêcher sans essayer de le ferrer pour l'intégrer au réseau !

L'évidence de la Petite Pêche
Après avoir rencontré Thomas on se dit qu'il n'y a pas de mystère. Quand on est issu d'une famille de plusieurs générations de marins pêcheurs et né dans le Cap Sizun, on n'échappe pas si facilement à l'envie de prendre le large. À la différence qu'il a décidé de se reconvertir à la pêche tout en restant sur la côte. Pratiquer le plus beau métier du Monde sans s'éloigner de sa famille ni risquer sa vie tous les jours, voilà comment Thomas a décidé de transposer son héritage familial !
Vous y ajoutez un profond engagement pour le respect des écosystèmes et vous obtenez le profil type du pêcheur du 21e siècle, enfin celui qu'on aimerait voir émerger chez Poiscaille !

L'intégration
Quitter le confort de la vie à Terre pour s'installer à la Petite Pêche demande de la détermination.
Après avoir fini le lycée maritime, Thomas a dû travailler plusieurs années en tant que matelot sur des bateaux de plus de 12m accueillant 4 ou 5 marins et travaillant presque tous les jours de l'année. En dépit de la météo souvent capricieuse de la pointe bretonne.
Les filets peuvent rester plusieurs jours en mer pour optimiser la présence du poisson dans les mailles. Des rythmes effrénés pour démailler, éviscérer, puis mettre le poisson en bac tout en tenant sur ses deux jambes, un passage qui parait presque obligatoire avant l'installation sur son propre bateau. La plupart des pêcheurs du réseau sont passés par cette étape qui aurait pu leur faire passer le goût de la mer. Au contraire, cela semble avoir renforcé les convictions de Thomas.

Depuis 2019, il possède son propre bateau de 8,20, le Vertigo sur lequel il pêche seul à la ligne dans la baie d'Audierne et autour de l'île de Sein la moitié de l'année. Ici, jusque dans le Raz de Sein, on pêche surtout le bar à l'hameçon et les places sont chères face à une ressource qui s'érode d'année en année.

Diversifier pour être plus résilient
L'apprentissage du métier de ligneur est long avant d'espérer assurer une rentabilité à l'année. En conséquence, Thomas décide de sortir les hameçons en variant les techniques et les zones de pêche.
Grondins, dorades grises, vieilles ou lieus jaunes, voilà des candidats que l'on apprécie chez Poiscaille ! En meilleur état sur nos côtes et tout aussi passionnants en cuisine pour peu qu'ils soient bien traités à bord.
En hiver, il sort même caler quelques filets droits lorsque la météo ne permet pas de sortir les hameçons. Les poissons sont remontés vivants à bord après seulement quelques heures de "trempage" au lever du jour : on retrouve des rougets ou des lieus jaunes sous leur meilleur jour. Tous les poissons, y compris les plus fragiles, sont valorisés !

Grâce aux prix fixés par Poiscaille sur ces espèces, on espère avoir un impact positif sur la survie des pêcheurs à la ligne comme Thomas, et sur celle des populations de bar pour la prochaine génération !

Espèces : Pagre, lieu jaune, bar, vieille, grondin, dorade grise, rouget barbet
Techniques : Canne, filet droit