26 Mai 2020 - 1ère journée nationale Thon Rouge - soutenir la petite pêche côtière et goûter la pêche durable

Le thon rouge va mieux

C'est confirmé depuis plusieurs années. On vous l'a même expliqué par ici. Si bien que les quotas peuvent être augmentés, on peut pêcher plus sans compromettre l'avenir de la ressource.

Mais tout n'est pas si rose.

En effet, la répartition du quota reste inégale. Ce sont les grands navires, les fameux thonniers-senneurs, basés en majorité à Sète, qui pêchent 80% du quota. Pourquoi ? Droits historique, règle implacable de l'Union Européenne.

Du poisson devant le port, interdit d'y toucher

Les pêcheurs côtiers voient du poisson dans leur zone de pêche, à proximité de la côte. En Méditerranée mais également en Atlantique. Le poisson se refait la cerise et remonte jusqu'en Normandie. Ils sont nombreux à ne pouvoir rien capturer. Ils pratiquent pourtant à la ligne, poisson par poisson, à proximité des côtes, et alimentent le marché local. Vertueux non ? En plus, quand les thons sont sur zone, les espèces que ces pêcheurs ont l'habitude de pêcher fuient. Fini les lieus jaunes mordeurs et les bars en chasse, c'est tous aux abris.

Une répartition injuste

Alors qu'on se dit que l'augmentation de quota pourrait bénéificier en priorité à ces pêcheurs. Eh bien non. Les grands navires ayant la majorité des droits historiques, ils se voient également attribuer la majorité des augmentations. Ces grands navires capturent des grands poissons (100kg et plus), sur leurs zones de reproduction. Les poissons sont conservés vivants dans des cages, engraissés, puis exportés à l'étranger, le Japon en première ligne.

Cash Investigation en parlait très bien

1 tonne par navire

Les petits pêcheurs côtiers (appelés également "petits métiers" en Méditerranée) ne réclament pas beaucoup. 1 tonne par navire, même 500kg pourrait suffir à capturer entre 15 et 30 poissons par saison. Pêchés à la ligne, plutôt bien valorisés, ils peuvent être une solution pour laisser un peu les autres espèces tranquilles.

Alors ils essaient de se faire entendre. En utilisant les réseaux et leurs moyens limités. Ils sont plutôt en mer que dans les commissions, là où les grands armememnts se démènent pour garder leur grosse part du gâteau.

Vous pourrez retrouver des portraits de pêcheurs, sur le site de la plateforme petite pêche. On retrouve notamment Pascal Berrouet et Pierre Morrera, deux pêcheurs qui garnissent les Casiers Poiscaille depuis plusieurs mois.

La bonne nouvelle, c'est que pendant ce temps, ça pêche bien. Cette saison part très bien, avec des poissons à la côte et mordeurs. Les années passées, les thons se mettaient à mordre à partir de juillet.

Chez Poiscaille on paie le thon rouge entre 14 et 18€ le kilo, entier. Certains pratiquent l'ikejime à bord, sacré boulot sur ces jolis bébés et 20 à 100kg. C'est souvent 4 à 6€ de plus que le prix du marché.

Alors pour soutenir les pêcheurs, vous pouvez déjà commencer par goûter leur pêche.

Comment faire ?

  • Ne consommer que du thon rouge pêché à la ligne - les grands navires pêchent à la senne. Pêché à la ligne = durable. Basique.
  • Vérifier l'origine sur l'étal. FAO 37.1.2 (Méditerranée Ouest) ou FAO 27.8 - Golfe de gascogne. On évite ainsi les poissons du Pacifique ou de l'Océan Indien.
  • Vérifier l'espèce : le thon rouge c'est thunnus thynnus. Point barre.
  • Eviter d'acheter sur un étal où seule une longe (un gros morceau) est découpé par le poissonnier. Si vous voyez la tête du thon et sa queue (avec une bague blanche), foncez !
  • Payer plus cher : les prix d'appels entre 19,90 et 29,90 on oublie. Le thon rouge de ligne se paie au grand minimum 10€ le kilo entier à la criée. La perte est de 50%, le kilo de chair coûte donc au minimum 20€ au poissonnier. Plutôt 30 à 40€ avec les transports, les intermédiaires, les frais de criée.
  • Il est donc normal de voir du poisson proposé, découpé en longe, entre 45 et 70€ le kilo. En tranche ça sera entre 30 et 45€.
  • En direct, les pêcheurs vendent entre 20 et 30€ du kilo, en tranche généralement.

La bonne nouvelle : y en a chez Poiscaille :)

Beaucoup de poissonneries au ralenti avec ces ponts de mai, les marchés encore nombreux fermés, on a la solution pour vous permettre de réserver. Ca nous permettra de valoriser la majorité de leurs captures.