
📓 Carnet de bord : Camille & Grégoire de Poiscaille à la côte.
Camille & Grégoire font partie de l'équipe approvisionnement chez Poiscaille, ce sont nos acheteurs, en contact avec nos pêcheurs pour composer vos Casiers de la mer selon les arrivages de pêche, chaque jour.
Camille a récemment rejoint l’aventure Poiscaille. Alors la semaine dernière, ils se sont rendus à Saint-Quay-Portrieux dans les Côtes-d'Armor en Bretagne, pour prendre des nouvelles des pêcheurs de la zone et présenter notre nouvelle recrue.
Elle vous partage un petit carnet de bord de leur escapade…
12/02/2024 – Jour 1 : La rencontre à Saint-Quay-Portrieux ⚓️
Après avoir récupéré la voiture de location, direction de Saint-Quay-Portrieux, l’un des fiefs de nos pêcheurs-plongeurs ! On arrive pile à l’heure du débarquement. Coïncidence ?! Je ne crois pas…
À peine l’entrée de la criée dépassée, une petite querelle éclate entre 2 pêcheurs-plongeurs déjà rentrés de la pêche. Ambiance… ! On nous précisera d’ailleurs plus tard : « Il y a une bonne ambiance normalement, il n’y a pas eu d’accrochage comme ça depuis 2015, dommage, ça arrive quand vous êtes là. »
Les autres pêcheurs rentrent de leur marée petit à petit.
Entre la débarque de deux bacs de criée remplis de coquilles, on se présente. 👋🏻 On fait donc la rencontre d’ Yves Carbon, Christian et Françoise Aillet, ainsi que de Kenan Riou et ses matelots.
Le soir, on a convié tout le monde au restaurant pour partager un moment tous ensemble.
Ps : Philippe Etchebest aurait très certainement pensé que la carte était trop fournie, mais les pizzas étaient bonnes. 🍕
En plus des plongeurs rencontrés dans la matinée, se joignent à nous Michael Villars, plongeur à Loguivy, Michel Deauvilliers et son matelot, plongeurs à Erquy, ainsi qu’Alexandre Turpin, ligneur à Saint-Quay-Portrieux. Nous voilà donc réunis avec 9 pêcheurs du réseau Poiscaille.
On ne va pas vous le cacher, on craignait que la querelle du matin refasse surface.
Mais après deux-trois bières et quelques blagues un peu piquantes, l’ambiance conviviale est au rendez-vous. On parle beaucoup de pêche (bien sûr !), on critique les dragueurs (on parle bien de la technique de pêche hein) et on apprend plein de choses.
🐚 Notamment, pourquoi les coquilles Saint-Jacques sont plus petites cette année. Une question que pose souvent nos abonnés ! Il y a plusieurs explications :
- Les coins de pêche. Quand les coquilles sont dans des zones avec plus de courant, elles ont plus dematière à filtrer et donc se nourrissent et grossissent mieux.
- Les tempêtes. Suite au mauvais temps ces derniers temps, les pêches ont eu lieu dans des spots de repli, avec moins de courant, donc moins d’apport nutritif.
- Le nombre. Il y a trop de coquilles en ce moment, elles sont donc en compétition pour la nourriture et grossissent moins.
- Un fort apport d’eau douce. Cet apport pourrait avoir un impact sur leur croissance.
- L’usine à dé-coquiller d’à côté déverse de l’eau chaude. Cette différence de température pourrait impacter la croissance des coquilles, sensibles aux changements de température.
- La période. Les coquilles sont toujours moins grosses à cette période de l’année.
💡 Voilà, on a ici quelques éléments clés à creuser pour expliquer la petite taille des coquilles cette année.
On termine bien sûr le dîner sur les potins du port, tout le monde est content et remercie Poiscaille pour avoir organisé cette délicieuse soirée. Chacun retourne dans ses pénates.
13/02/2024 – Jour 2 : De Paimpol à Perros-Guirec 🦪
⏰ Réveil à 7h car on a rendez-vous pour visiter l’exploitation ostréicole des Huîtres Arin à Paimpol.

Cécile partage l'exploitation avec son frère, absent lors de notre visite, elle était triste de ne pas pouvoir immortaliser le moment avec lui !
L’exploitation est un peu cachée et se trouve au pied de l’eau. On est accueillis par Cécile, qui gère l’exploitation avec son frère et qui nous fait visiter. On s’accorde ensuite une pause dans leurs locaux (vue sur mer) pour discuter et faire connaissance.
Fun fact : avant de reprendre l’exploitation de son père, Cécile avait une boutique de lingerie à Paris. Sacré changement !
Revenons à nos poissons... Cécile nous fait part des problèmes liés à l’arrivée de la daurade royale dans les eaux bretonnes : cette dernière s’attaque à peu près à tout et, en plus de cela, est difficile à capturer au filet.
La raison de l’arrivé de la daurade royale en BZH ?? Le réchauffement climatique, bien sûr !
🌡️ L’eau est plus chaude, ça ramène les royales. Ajoutez à cela les déversements de produits issus de l’agriculture, et vous avez là un combo gagnant ! Le tout provoque une mortalité inhabituelle chez les moules et les huîtres, des êtres vivants sensibles aux changements de leur environnement.
Résultat ? L’exploitation de Cécile a stoppé la production de moules il y a quelques années et n’est pas spécialement sereine pour l’avenir lointain de sa filière huîtres.
Dans tous les cas, ils sont super contents de travailler avec Poiscaille !
Le camion de ramasse des produits passe pile au moment où l’entrevue se termine. Il est aussi l'heure pour nous de prendre la direction de Paimpol où l’on se pose au café “Les Chalutiers” (on reste dans le thème jusqu’au bout) pour renseigner les produits du jour sur le site de Poiscaille et rencontrer Victor Coutin le temps d’un café. Vous pouvez retrouver ses bulots chez Poiscaille, pêchés au casier.
Pour finir la journée, direction Perros-Guirec où on rencontre Yoann Le Levier, plongeur à la coquille Saint-Jacques sur le Ragnar. Il nous fait visiter son hangar et son mini labo de transformation. Il y décortique et congèle ses coquilles Saint-Jacques suivant les demandes et les saisons.

Yoann le Levier et son bateau Le Ragnar
14/02/2024 – Jour 3 : On embarque, yihaaa ! 🏴☠️
⏰ Le rendez-vous est donné à 9 h au port de Saint-Quay-Portrieux.
Avec Grégoire, on embarque sur l’Ivyanna, le navire de Kenan Riou. Le port est rempli de dragueurs et de chalutiers, mais nous voilà partis sur un semi-rigide de 7,50 m. On est super équipés pour partir pêcher les ormeaux : ciré, waders, deux bananes et du pain en prévision du mal de mer, car « ça a le même goût quand ça rentre que quand ça sort », parole de marin ! ☠️

De gauche à droite : Guirec, Kenan & Eric.
Kenan se prépare avec son matelot, Éric, pendant que l’on se rapproche du spot de plongée, dans zone abritée. Au moment où le patron juge l’emplacement adéquat, ils se jettent à l’eau puis disparaissent rapidement sous la surface. On est loin de la mise à l’eau classique et plan-plan de l’école de plongée…
Là, c’est sensations fortes garanties à la MacGyver, les ormeaux n’ont qu’à bien se tenir ! 🤿
Pendant que les deux matelots plongent, on reste sur le pont avec Guirec, le pilote. On se raconte nos vies, on parle des plus gros poissons que nous avons pêchés (classique). Puis, on entend un coup de sifflet au loin : c’est Kenan qui est remonté. Il est déçu de ses trouvailles, alors il repart se remettre à l’eau un peu plus loin.
Nous voila repartis au mouillage et, pendant que les plongeurs finissent leurs recherches, on bague les premiers ormeaux : leur pêche est très stricte, chaque ormeau pêché doit être bagué pour éviter le braconnage.
Une fois la pêche terminée, route terre, direction le port où les pêcheurs nous offre généreusement quelques ormeaux. Tout le monde se change, se réchauffe, puis nous allons manger au restaurant ouvrier du coin. On reparle des plus gros poissons que chacun a pêchés (oui, encore) et du quatrième jour de pêche, autorisé depuis peu pour les pêcheurs plongeurs. Ils ne savent pas trop s’ils vont en profiter...
Kenan nous explique que ce quatrième jour de pêche a été accordé parce qu’un marché pour la coquille Saint-Jacques s’est ouvert dans les pays asiatiques. Pour exporter les quantités prévues, les dragueurs ont obtenu un jour supplémentaire et donc les plongeurs aussi.
Après un dernier café, c'est l'heure de se dire au revoir car il est temps pour nous de rentrer.
L’aventure Saint-Quétoise aura été courte mais intense.
Tous les pêcheurs étaient ravis de nous rencontrer… Plaisir partagé ! La plupart d’entre eux nous ont confié que, pendant la période de la campagne de sauvetage, ils avaient eu peur de l’avenir de Poiscaille, ce qui confirme leur engagement et leur volonté de travailler avec nous. ❤️
À très vite pour de nouvelles aventures sur les flots 🌊
Camille